Mort de Sam Wazizi
En vérité, je vous le dis…
A Ekona, un village situé au pied du Char-des-dieux, vivait un homme passé maître dans l’art du camouflage. Il se faisait appeler Sam Wazizi, alors que son vrai nom était Samuel Ajiekah Abuwe.
Il se présentait comme journaliste, alors qu’en fait, il était un coordonnateur des opérations permettant aux Ambaboys de se ravitailler, de se déplacer et de combattre l’armée de Dieu à travers le Fako.
Démasqué, il fut arrêté et mis sous haute protection, ses gardiens le couvant de multiples attentions. Ils le transférèrent ainsi de Buéa à Yaoundé, où ils le laissèrent en contact permanent avec sa famille ; aussi bien celle de Yaoundé que celle de Buéa. Mais cet homme avait l’esprit résolument tourné vers le mal. Il s’infecta délibérément et massivement le sang et en mourut.
Il mourut entre les mains de médecins qui n’avaient ménagé ni leur peine, ni leur science pour le sauver. C’était deux semaines après son arrestation, avant qu’on n’ait le temps de le présenter à un juge. Sa famille fut informée de sa mort. Mais elle se comporta de façon indigne : elle ne vint pas récupérer la dépouille de leur parent. Dans leur mansuétude infinie, ses gardes le déposèrent à la morgue.
Dix mois plus tard, la communauté chrétienne célébrait la Pentecôte. Dans le sillage de l’Esprit Saint, Belzebuth descendit aussi sur le Cameroun et ses suppôts se mirent à calomnier la sainte armée de Dieu ; l’accusant d’avoir torturé à mort Sam Wazizi, et dissimulé son corps.
Chers frères dans la vérité, je vous exhorte à ne point écouter cette légion de païens et de mécréants. Le Malin est leur dieu et le mensonge est leur Loi. Ils parlent de la vérité, mais ils ne sont pas au service de la vérité. Leur propos est captieux, et leur objectif est de remplacer le règne de Dieu, notre Dieu, par celui de leur maître, le prince des ténèbres. Ne cédez pas à leur séduction. Protégez-vous d’eux en ayant toujours ceci présent à l’esprit : il n’y a de vérité que celle que je porte. Méfiez-vous surtout de ce subtil mensonge que ces incubes et succubes instillent dans les esprits : « Même enterrée, la vérité sort toujours ».
Haman Mana