
Il est incontestablement l’animateur radio le plus brillant de ces 30 dernières années au Cameroun.
Excellent formateur et dénicheur de talents, il a formé, révélé et déniché toute une génération de jeunes animateurs radios, journalistes et même artistes. Sous d’autres cieux, il aurait été célébré tel un monument vivant comme c’est par exemple le cas en France avec des dinosaures comme Michel Drucker, Jean Pierre Foucault, Philippe Bouvard ; des émissions spéciales devraient être réalisées autour de lui et son parcours, des promotions des écoles de communication devraient porter son nom, des livres devraient être écrits pour relater son parcours.
Mais que voulez-vous, le Cameroun c’est le Cameroun. L’homme n’a même pas une simple page wikipedia qui relate son parcours et ses faits d’armes. Qu’à cela ne tienne, c’est le seul animateur radio encore vivant qui fait l’unanimité auprès de tout le monde ; on ne tarit pas d’éloges à son égard ; on dirait que l’homme n’a que des qualités.
Son histoire est subliminale. L’histoire d’un jeune homme brillant, passionné par la communication qui va réussir tous les défis qu’on lui a confiés. Il est aujourd’hui la référence dans le paysage radiophonique au Cameroun.
Léonard Châtelain c’est surtout un style. Ses marques de fabrique sont : l’élégance, l’éloquence, la prestance, la passion, la générosité, le travail acharné, l’intelligence, le perfectionnisme. Toujours bien sapé, tiré à quatre épingles ; il est le chouchou des nanas. Son style fait littéralement fondre celles-ci. Ce séducteur fait craquer les cœurs des femmes. Je n’ai jamais compris pourquoi malgré ce physique de télé, il n’a jamais fait de la télévision et pourtant il a les atouts et prédispositions nécessaires pour le faire.
Léonard Châtelain est né dans la fin des années 60 à Yaoundé, il est le fruit d’un métissage (Bamiléké-Bulu). Son père est bafang et sa mère est bulu.
Il s’appelle en réalité Léonard GOFAKE. Son surnom « Chatelain », lui vient de sa mère. Bercé et choyé par sa mère qui l’appelait le petit château de son cœur « châtelain », au moment de mener sa carrière, il a choisi le nom « châtelain », petit clin d’œil à sa mère. Il grandit dans une famille équilibrée. Son père est enseignant d’université et sa mère, assistante de direction.
Elève intelligent et appliqué, il mène ses études avec brio. Il est un brillant étudiant à l’université de Yaoundé en droit et en sciences politiques. En 1991, il obtient sa maîtrise avec mention bien et rêve alors d’intégrer l’IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) afin de mener une carrière de diplomate. Le concours est sur étude de dossier. Son dossier est impeccable et lors de la phase orale, cet excellent orateur va éblouir le jury à tel point que le directeur de l’IRIC (AGBOR TABI) viendra en personne lui demander de rentrer à la maison mettre le champagne au frais car son admission est déjà acquise. Contre toute attente, le jour de la proclamation des résultats, il ne trouve pas son nom. Meurtri, il sera marqué à vie par cet épisode. Seulement, Châtelain n’est pas homme à se laisser abattre, il est persuadé qu’il est prédestiné à un bel avenir. Toutefois, il en gardé les séquelles ; Châtelain exècre l’injustice sous toutes ses formes.
Ses premiers pas à la radio, il les fait à la FM 94 de Yaoundé. C’est l’animateur René Kanebena Bogondo qui va lui mettre le pied à l’étrier. Nous sommes au début des années 90 et René Kanebena anime une émission appelée « le studio libre ». Emission dans laquelle il invite des jeunes passionnés par le métier de l’animation à venir vivre leur passion. Les différents jeunes étaient évalués par les auditeurs. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Chatelain séduit aussitôt par son timbre de voix unique alors qu’il n’avait jamais fait de radio ni même mis les pieds dans une école de communication. Le jeune étudiant en 5ème année sciences politiques est désormais convoité par la direction de la radio qui veut à tout prix l’intégrer. Il rencontre le Pr Gervais Mendo Zé qui tellement conquis par ce jeune étudiant, lui propose la somme de 350 mille franc pour un début. Un véritable pactole pour un débutant. Il va très vite s’imposer comme la grande vedette de la radio, le chouchou de l’antenne.
Il est aussitôt affecté à la FM 105 à Douala avec pour mission de remonter cette radio. Il démarre avec le journal de 22h et y impose ses marques. Après le journal, il prend les commandes de la matinal « Matin Bonheur » sur Suellaba FM 105. Il va révolutionner la matinale en radio avec son style. Il va abattre un travail titanesque à Douala à tel point que la direction de la CRTV va l’envoyer en 2002 comme un gladiateur à Bafoussam aux commandes des programmes de la radio Poala FM ; sa mission est de conquérir les auditeurs de la ville et de neutraliser Radio Batcham qui est en plein essor. A Bafoussam, il monte aussitôt au front et mène la cadence. Il mise sur une belle matinale. C’est le programme ; la machine à café (MAC). Un programme innovant qui sera aussitôt très populaire. Tous les matins de 5 h à 9 h, il distribue des tasses de bonheur ; une émission qui se veut interactive, tonique et fortifiante pour démarrer la journée. En quelques mois, il inverse la courbe d’audience. Fidèle à lui-même, lors de son passage à Bafoussam, il va former et révéler plusieurs jeunes : Stanley Enow (aujourd’hui artiste), Falix Fatué (animateur à balafon), Brice Albin etc. L’émission « juvénile » et la rubrique « animateur de demain », a révélé de nombreux jeunes. Ayant lui-même été révélé par ce biais, Châtelain a toujours eu à cœur de donner une chance aux jeunes.
Après sa mission réussie à Bafoussam, le gladiateur de la radio est envoyé en 2012 à la conquête sud-ouest ; il est nommé comme chef de chaine de « Mount Cameroun FM ». Fidèle à lui-même, il œuvrer à révéler des jeunes comme : Mister Léo, Daphné, Blaise B, Salatiel etc. Mission accomplie.
Chatelain est venu, il a vu, il a conquis.

En 2017, le gladiateur est nommé à la tête de la Suellaba FM 105, la radio de ses véritables débuts. C’est son challenge de l’heure. Dans un environnement devenu très concurrentiel où la station a perdu de sa superbe, il a en face de lui comme concurrents ses amis avec qui il fit ses premiers pas : Cyril Bojiko à Radio Balafon, Alex Siewé à ABK Radio. Plus de 20 ans après, ils se sont retrouvés mais cette fois-ci, ils sont concurrents. Ils sont aujourd’hui des grands hommes et chacun à sa place. Et comme dirait la chanson « Place des grands hommes » de Patrick Bruel :
« On s’était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes »
Le conseil fétiche de Châtelain qu’il distille régulièrement est le suivant : « Les rêves sont faits pour être réalisés. Si vous n’avez pas le temps pour vos propres rêves, quelqu’un d’autre utilisera votre temps pour l’aider à réaliser ses rêves ».
Châtelain a des activités extra radiophoniques : le conseil d’entreprises, le conseil politique et est stratégiste aussi en matière de montage évènementiel coorporate.
Travelling lui a consacré une excellente émission